Textes divers
Les emplois dans la filière équestre
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| Généralités |
Le nombre d'emplois générés par l'activité équestre ou hippique n'est pas facile à déterminer. En dehors des deux poids lourds que constituent le PMU et les Haras Nationaux, il relève, en effet, de très petites structures. Il en va de même pour son poids économique estimé à un demi milliard d'euros pour le loisir équestre, un milliard d'euros pour les courses et environ 345 millions d'euros pour l'élevage de poulains de trait et la commercialisation de viande. |
| L'emploi |
L'emploi dans les activités équestres est un sujet complexe. Il recouvre, en effet, de très nombreux métiers, touchant, de plus ou moins près, au cheval lui-même, et diversement pris en compte par les circuits de formation, les organismes sociaux. Il existe heureusement des perspectives de clarification sur le sujet, ouvertes notamment par la loi du 23 février 2005 et l'inscription des activités équestres dans le champ agricole. A l'heure actuelle, les données sur l'emploi sont compilées par l'Observatoire économique des Haras Nationaux et proviennent, chaque année, de plusieurs fournisseurs. Ces organismes recensent essentiellement des entreprises et non des emplois. Des ratios moyens emplois/entreprises, obtenus par le biais d'enquêtes sectorielles renouvelées à des intervalles plus longs, permettent de convertir en nombre d'emplois équivalents temps-plein ces chiffres sur les entreprises. La MSA dispose de données qui portent directement sur l'emploi mais elles ne sont pas très faciles à exploiter pour l'instant : toutes les entreprises du secteur n'ont pas quitté le giron de l'URSSAF. De plus, la MSA ne distingue pas toujours des activités aussi différentes que l'entraînement de chevaux de course, le dressage de chevaux de selle, l'élevage, les centres équestres et autres fermes équestres : le codage qui permet de faire cette distinction est sujet à des interprétations différentes, selon les caisses locales. L'avantage de la source MSA pour l'avenir est qu'elle concerne uniquement les activités rattachées au secteur agricole, c'est-à-dire le cœur des processus de production du secteur. Car une autre source de difficultés dans l'évaluation de l'emploi est celle du périmètre : où s'arrêter ? où commence le «para-cheval», par analogie avec le « para-agricole » ? Et comment prend-on en compte l'aval de la filière, ce qui correspondrait aux industries agroalimentaires pour poursuivre l'analogie ? Ces activités qui sont intimement liées au secteur du cheval sont déjà décomptées dans d'autres branches comme le commerce... tout dépend donc de savoir si l'on cherche à estimer l'impact global du secteur sur l'emploi, ou si l'on s'intéresse plus directement aux « producteurs primaires » placés au centre de la filière. Dans cet article, on distinguera donc ces producteurs primaires qui correspondent à des activités agricoles, des fournisseurs de services aux opérateurs de la filière ou à leurs clients : maréchaux-ferrants et vétérinaires travaillant au contact du cheval, gestionnaires de paris, selliers, fabricants d'aliments et de médicaments ou services administratifs aux métiers plus sédentaires. Dernière complication, la part importante d'activité à temps partiel, voire totalement bénévole, dans le secteur : ainsi, l'activité équestre sur une exploitation agricole classique constitue souvent une diversification, et l'emploi à temps partiel ainsi généré ne sera pas identifié « cheval » par la MSA. On peut donc affirmer que les chiffres de l'activité agricole répertoriée, une fois complétés, représenteront une valeur plancher pour estimer l'activité directe suscitée par le cheval. |
| Les chiffres |
Passons justement aux chiffres ! Comment se répartissent les 60000 emplois couramment annoncés «tout compris» pour le secteur ? Premier point, ils sont à rechercher dans... encore plus d'entreprises. En effet, en dehors des deux poids lourds du secteur que sont le PMU et les Haras Nationaux, représentant plus de 2400 emplois, les entreprises sont majoritairement de très petites structures. C'est particulièrement manifeste pour l'élevage : un atelier mobilise moins de 0,2 ETP salarié (d'après enquête). Si l'on fait abstraction de ces emplois très marginaux, que l'on n'identifiera pas dans les comptes de la MSA, on retrouve des tailles d'entreprises plus classiques mais encore très limitées : 2,5 ETP en moyenne pour le secteur agricole (clubs, entraîneurs, éleveurs à temps plein ou employant des salariés, cavaliers professionnels), 1,5 ETP pour les activités non agricoles au contact du cheval (vétérinaires et maréchaux essentiellement). Second point : sur l'ensemble des emplois rattachés aux activités équestres, le poids de la production et de la distribution dos paris est très important. 1 800 équivalents temps-plein pour l'organisation des courses, 1400 pour le PMU, et plus de 18000 (sur 8000 points de vente) pour la distribution des paris à travers le réseau PMU : c'est une véritable industrie qui se situe à 'aval des activités agricoles.
Quelques chiffres : emplois agricoles (25734) ; emplois administratifs (1641) ; emplois au PMU (21276) ; emplois de service (3176) ; emplois cheval hors agriculture (3467). Pour la répartition des équivalents temps plein par secteur d’activité , on trouve plus de 26000 ETP dans le secteur agricole : élevage (8125 emplois temps plein) ; cavaliers (1000 emplois temps plein) ; entraîneurs (5632 emplois temps plein) ; centres équestres (10887 emplois temps plein). Au sein du secteur agricole qui nous intéresse au premier chef, l'activité dominante est celle des centres équestres, évaluée à 11 000 ETP en 2004, suivie par l'entraînement de chevaux de course (5600 ETP). Les éleveurs représentent un groupe plus ou moins important (de 800 à 8200 ETP...) selon qu'on prend en compte ou non les ETP à temps très partiel (moins de 0,2 ETP) répartis sur les ateliers d'élevage, et qui ne seront sans doute pas identifiés comme tels dans les fichiers MSA. A l'inverse des éleveurs, les entraîneurs et centres équestres sont les groupes d'entreprises les plus concentrés : on compte, en effet, en moyenne 2,9 ETP par entreprise dans les centres équestres et 3,1 chez les entraîneurs. Ce sont, par ailleurs, 'des professions réglementées, l'autorisation de pratiquer l'enseignement ou l'entraînement étant conditionnée par des qualifications spécifiques définies respectivement par le ministère de la Jeunesse et des Sports et par les sociétés mères des courses ; à contrario, l'élevage est une activité largement pratiquée par des personnes dont la formation n'intègre pas de compétences spécifiques dans ce domaine, |
| Les activités réglementées |
Dans le panorama de l'emploi direct agricole tel que la MSA pourra sans doute le dresser dans quelques années, on observera donc un poids important d'activités réglementées, pratiquées dans le cadre d'entreprises (clubs hippiques et centres d'entraînement). Comme il s'agit de deux activités très différentes, il serait intéressant de bien les identifier, afin de suivre l'évolution de l'emploi dans ces domaines (croissance, concentration...). La filière cheval génère beaucoup d'emplois dans des entreprises aux activités non spécifiquement hippiques, et conforte donc des économies qui n'ont pas forcément de lien avec le cheval : la vente de paris par le réseau PMU en est le principal exemple (18000 ETP), l'élevage (10887) est, d'une manière générale, adossé à d'autres ateliers de production, la plupart des vétérinaires équins ne sont pas spécialisés et pratiquent essentiellement la médecine vétérinaire canine ou rurale. Ces « ETP secondaires » doublent le volume de la filière en termes d'emploi et ils représentent une contribution du monde du cheval à la vie locale, notamment dans les campagnes ou les petites villes. Ils n'apparaîtront pas dans les chiffres de l'emploi agricole, tels qu'on peut les attendre des sources institutionnelles (MSA, Recensement agricole...). Des poids équivalents pour l'aval et l'amont agricole de la filière, autour de 25 000 à 30 000 ETP ; un secteur agricole pas encore complètement intégré par le monde agricole mais qui devrait se révéler finalement dominé par des activités encadrées, pratiquées au sein de structures entrepreneuriales ; une contribution importante à la vie locale par le biais d'activités secondaires confortant des entreprises d'autres secteurs... Ce sont quelques faits que l'on peut, d'ores et déjà, extraire des données existantes pour décrire l'emploi dans les activités équestres et son impact sur les territoires. Les Haras Nationaux travaillent à l'amélioration de la connaissance de cette réalité : exploitation des chiffres de la MSA, consolidation des données obtenues par les enquêtes des Observatoires économiques régionaux pilotés par les conseils des chevaux... L'intégration des producteurs dans le monde agricole et le développement des observatoires régionaux devraient nous permettre, à moyen terme, de suivre, d'une année sur l'autre, l'évolution de l'emploi dans les différentes activités et d'appuyer ainsi les décideurs pour la prise en compte, dans les politiques locales ou nationales, d'un secteur prometteur pour l'emploi, puisque bénéficiant d'une demande toujours croissante. L'emploi dans la filière cheval est d'ailleurs l'indicateur de performance affecté à l'action «politique du cheval» dans le cadre du projet annuel de performance qui accompagne le budget de l'Etat 2006, conformément à la loi organique sur les lois de finances. |
| Les problèmes liés à l'emploi |
Au-delà de cette problématique très quantitative, l'emploi dans les activités équestres soulève aussi des problématiques liées aux métiers et aux cursus professionnels. Si les formations initiales font le plein, dénotant une réelle attractivité de ces métiers, le taux de reconversion est également important : la pénibilité de ces métiers et les contraintes d'emploi du temps sont difficiles à gérer notamment pour les femmes, de plus en plus nombreuses, qui doivent assumer parallèlement les contraintes familiales. Une meilleure connaissance de ces métiers permettra, sans doute, de mieux dimensionner les formations et de mieux préparer les reconversions : c'est l'objet des préoccupations de certains organismes comme l'AFASEC pour les salariés des courses. |
| Références et documentation |
Caroline THAON (Chambres d'Agriculture n° 954 -Juin-Juillet 2006)
Fiches économiques de l'Observatoire économique et social du cheval, www. haras-nationaux, fr Annuaire ecus / OBSERVATOIRE ECONOMIQUE ET SOCIAL DU CHEVAL-Pompadour: Les Haras nationaux, 2005. Les emplois agricoles de la filière cheval : les premiers enseignements de l'exploitation statistique des fichiers de cotisants à la MSA / CHEVALIER V. In : 32 Journée de la Recherche Equine [Compte-Rendu] Paris : Les Haras Nationaux, 2006. p 167. ISBN 2-915250-05- 7 |
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